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  • Stephane Vittoz

Le syndrome post-romantique où la chute post St Valentin

Au début d’une relation amoureuse, notre vie semble enrichie sur tous les plans. Lorsque la routine s’installe, que les attentes et besoins ne trouvent pas de réponses alors nous descendons de notre nuage. Pour certains, remettre les pieds sur terre engendre un sentiment de désillusion et de frustration à la hauteur du déni des besoins et attentes, c’est le syndrome post romantique.

L’après St Valentin est le moment où celui ci peut s’exprimer plus fortement, surtout si l’attente du cadeau ou investissement du partenaire n’est pas à la hauteur de ce qui à été offert à l’autre.

Les causes sont multiples mais sont surtout lié à la blessure de rejet. Des événements dans l’enfance nous ont poussé à choisir l’autre au lieu de nous même, vivre pour l’autre ou à travers l'autre. Ce syndrome peut s’exprimer dans toutes les blessures d’âme mais la forme sera différente, la réponse ayant pour motivation inconsciente de provoquer chez le partenaire une reconnaissance du manquement et une réparation du dommage avec intérêts, c’est un cercle vicieux. Ces mécanismes se répètent et se nourrissent avec le sentiment d’être bloqué car si l’un arrête de jouer, il y a risque de rupture, le retour à la réalité est trop brutal.

Le piège de ce système est que l’on manifeste une apparente satisfaction face à l’autre qui incarne la part de nous que nous avons rejeté ou abandonné de nombreuses années auparavant. Dans beaucoup de couple le conjoint correspond à l’image que nous avons eu du père ou de la mère.

Le côté rassurant et connu permet de tomber amoureux de soi, de la projection fabriqué à partir de tous ce qui nous manquait chez nous et que ce parents était censé nous apporter. Il y a donc de fortes chances de progressivement s’éloigner de l’idéal de soi projeté sur l’autre, pour le rencontrer vraiment avec toutes le difficultés associées. L’autre peut devenir étranger lorsqu’il ne veut plus ou ne peut plus porter nos projections, enfin plus précisément les projections des parts de nous que nous ne reconnaissons pas et qui sont à l’extérieur, incarnées par le conjoint, les amis.

Généralement on peut trouver des causes dans les racines, chez les ancêtres. Si il existe des mémoires d’enfants illégitimes hors mariage, de liaison cachées ayant causé beaucoup de souffrance ou toute forme de secret de famille, le déni et secret est devenu une obligation pour faire bonne figure parfois pour survivre. Il peut aussi y avoir une alternance de cette problématique une génération sur deux. Par exemple un couple peut sembler parfait en apparence si l’un des deux partenaire vit à travers l’autre, la génération suivante le mécanisme peut être inversé avec conflits et violences. Soit on subit et on s’efface, soit on fait subir avec comme solution une infidélité chronique pour tenter de se rencontrer dans de nouveaux partenaires. La profonde insatisfaction et frustration injectée par la psyché de l’arbre familial pousse les descendants dans des comportements contradictoires, la vie cherchant naturelement à rétablir l’équilibre originel par la cohabitation des opposés.

L’excès de fidélité comme racine du mal ? N’importe quel excès va générer des tensions, la culpabilité étant vraiment un des moteurs principaux de nos comportement déviants en occident. On préfère s’oublier, se mentir, se perdre pour être une bonne personne. Le mensonge et le déni sont des solutions largement utilisées pour éviter d’être montré du doigt, la peur de l'exclusion du groupe ou du couple étant le moteur de ce fonctionnement. Certaines personnes peuvent basculer d’un bord à l’autre avec une facilité déconcertante à l’image du conformiste basculant directement dans le complotisme, la pulsion de vie retenue devient pulsion de mort par dépit.

Lorsqu’il y a chute d’une illusion construite sur un déni ou mensonge, la difficulté pour le conjoint c’est d'avoir la patience et la capacité d’accueillir la violence de la vague d’émotion libérée. Comme un abcès qui crève et se vide la transition vers la guérison possible est difficile. C’est là que le vrai amour peut se vivre, au coeur de la tempête et face aux difficultés, loin de la routine du « tout va bien ». En cas d’échec s’il y a séparation et on risque bien de recommencer cette danse tragique, le nouveau partenaire parfait un temps nous renvoyant à nos propres imperfections à corriger et les frustrations associées.